Cathédale Sainte-Cécile d’Albi

Les fresques de sainte-Cécile représentent la plus grande surface de fresques de la Renaissance italienne en France.

La peinture située sous l’orgue représente le Jugement dernier ; cet ensemble est remarquable par sa surface, par sa qualité et sa disposition en miroir (Création du monde/Jugement dernier). Cette gigantesque peinture du Jugement Dernier (1474-1484) couvrait à l’origine près de 200 m. Peinte à la détrempe, on distingue trois registres : le ciel, la terre et l’enfer où gesticulent les impies dans les compartiments dédiés aux sept péchés capitaux. Cette œuvre fut mutilée au xviiie siècle par l’ouverture, au centre de la paroi, d’un accès à une chapelle située sous le clocher, qui servit de chœur paroissial jusqu’en 1885. Les fresques de la voûte (1509-1512), riches en couleurs et aux dimensions exceptionnelles (97 m de long sur 28 m de large) forment l’ensemble de la peinture renaissance italienne le plus vaste et le plus ancien de France. Ce bleu profond qui tapisse les voûtes au-dessus du chœur est ce fameux « bleu de France » qu’on dit aussi « bleu-roi ». Contrairement à ce qui a longtemps été mentionné dans les guides touristiques, ce bleu ne provient pas du pastel (plante tinctoriale donnant une couleur bleue, cultivée dans la région à la même époque) ; en effet à l’époque, le bleu de pastel n’était exploité que pour la teinture, car on ne savait pas en extraire les pigments et les utiliser sous forme de peinture. Lors de prélèvements au niveau de la voûte de la nef, on a pu établir que cette couleur avait été obtenue à base de lapis lazuli et d’oxyde de cuivre ; c’est sans doute le choix de matériaux de qualité qui explique le très bon état de conservation de la voûte.

L’étonnante clôture de chœur ou jubé (fin XVe) de style flamboyant est ornée d’une statuaire polychrome sculptée par les ateliers bourguignons de Cluny, d’autant plus précieuse que la plupart des jubés ont été détruits ; il n’en reste qu’une dizaine en France. — Église Sainte Madeleine à Troyes (Aube), Saint Étienne du Mont à Paris, Notre Dame de l’Épine (Marne), Châteauneuf du Faou, Saint Fiacre (Morbihan), La Chaise-Dieu, Arques la Bataille (Seine Maritime), Saint Pierre le Jeune à Strasbourg —

L’orgue, réalisé en 1736 par Christophe Moucherel a été offert par l’archevêque Armand Pierre de La Croix de Castries. Il contribue à la décoration de l’édifice, car il s’agit bien ici non seulement d’un instrument mais aussi et beaucoup plus qu’ailleurs, d’un décor, en raison de son peu de profondeur. Le nombre de jeux de l’orgue est étonnamment réduit par rapport à la taille de son buffet, de 16,40 m de largeur pour 15,30 m de hauteur.

Au cours de son histoire, cet orgue a été remanié plusieurs fois après Moucherel, par Lépine (1747) et Isnard (1779), transformé par Puget en 1904, puis restauré par Formentelli en 1981. Il comporte actuellement 5 claviers, un pédalier et 55 jeux – 19 jeux d’anches dont 8 trompettes! – (3549 tuyaux). C’est le plus grand orgue d’esthétique classique conservé en France.

La cathédrale d’Albi recèle dans les trompe-l’œil (façon marbre veiné à l’intérieur de multiples losanges) de son triforium sud, un ensemble étonnant, illisible de la nef, d’anamorphoses érotiques.

Notons aussi à l’intention des musiciens, que la cathédrale d’Albi est l’une des rares églises et l’unique cathédrale française placée sous l’invocation de Cécile de Rome, leur sainte patronne…

One comment on “Cathédale Sainte-Cécile d’Albi
  1. sylvie dit :

    Eglises et cathédrales, vestiges du temps passé, indéboulonables, oeuvres de forçats et de génie, qui veillent et témoignent telles des sentinelles.

    —————

    Ils sont quelques-uns
    hommes et femmes
    de silence
    de patience
    hommes de ferveur.

    Quelques-uns
    quelques-unes
    hommes de résilience
    femmes de pénitence
    sincères.

    Défient les lois
    défient le temps
    défient la raison
    défient les hommes.

    Immensément grands
    dans leur folie
    de croire
    dans leur espérance.

    ————————

    Au delà des dogmes..

    C’est un long chemin
    venu du fond des âges
    aux milles détours
    aux mille rebours
    qui serpente et sinue
    secrètement en nous.

    Un chemin ardu
    qui souvent s’égare
    se perd si ténu
    dans l’agitation
    l’oubli
    enfoui,enterré
    en une mer asséchée.

    Un chemin
    intime et secret
    presque effacé
    au tréfonds de nous
    qui pourtant résonne
    jusqu’au mal-être
    de ne plus être.

    Secrètement
    un appel en nous…
    parfois inaudible
    qui pourtant s’obstine
    un chemin qui se dessine
    incertain, se perd, se noie,
    se précise aussi
    dans les méandres des mois.

    Jusqu’à soudain
    parfois…enfin!!!
    la réconciliation
    et l’ineffable joie!

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