Cathédrale Sainte-Cécile d’Albi

La Basilique Sainte-Cécile d’Albi est une église cathédrale de l’archidiocèse d’Albi situé dans le département du Tarn en France. Elle est posée sur un piton rocheux qui domine le Tarn et est plus grand bâtiment de brique du monde. Un siècle aura été nécessaire pour son édification, de 1282 à 1390.

La cathédrale Sainte-Cécile, classée avec la cité épiscopale d’Albi depuis le 31 juillet 2010 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, est aujourd’hui l’une des cathédrales les plus visitées de France. Le siège archiépiscopal (d’Albi, Castres et Lavaur) est occupé par Mgr Jean Legrez

L’édifice surprend par le contraste entre son allure extérieure austère de forteresse militaire et la richesse picturale et sculpturale de son intérieur.

La cathédrale est précédée de plusieurs édifices. Le premier est daté du ive siècle et est détruit en 666 par un incendie. Un second apparait dans les textes en 920 sous le nom de Sainte-Cécile, la patronne des musiciens. Au xiiie siècle, cet édifice disparait au profit d’une cathédrale romane en pierre. Le parc municipal de Rochegude possède quelques restes des arcades de son cloître.

Durant le xiiie siècle, la répression du catharisme, d’abord militaire (croisade des Albigeois) puis cléricale (Inquisition) éliminent l’hérésie des terres languedociennes, au moment où le comté de Toulouse est rattaché au domaine royal. Dans ce contexte particulier, Bernard III de Castanet est nommé évêque d’Albi en 1276. Il réévalue les revenus épiscopaux de 20 000 à 200 000 livres, puis décide en 1277, de rebâtir une cathédrale, symbole de la puissance de l’Église catholique romaine et de la papauté. La première brique est posée en 1282 ; durant deux siècles, le chantier animera la ville avec l’extraction de l’argile du Tarn5, la cuisson des briques et l’édification du bâtiment. La fin de la construction est fêtée par la consécration du chœur en 1480.

Fin xve siècle, la cathédrale reçoit déjà plusieurs ajouts. Le clocher est rehaussé de trois étages et dépasse la masse de brique, élément qui n’était pas prévu initialement dans les plans. Un jubé en pierre rompt l’homogénéité de brique et l’unité de volume de la nef. Enfin en 1509, des peintres italiens vont illuminer l’intérieur par des fresques encore visibles aujourd’hui sans avoir subi de restauration.

Le 9 mai 1792, l’évêque constitutionnel Jean-Joachim Gausserand de 1791 à 1801 demanda la démolition de la clôture du chœur et du jubé de la cathédrale. Le Directoire du Département du Tarn avait par ailleurs décidé sa destruction pour en terminer avec les superstitions de l’Ancien Monde. Ému par cette décision, un ingénieur et architecte local, Jean-François Mariès, écrit une lettre le 5 novembre 1792 à Roland, alors ministre de l’Intérieur :

 » Monsieur le ministre, je m’empresse de vous avertir que la hache de la destruction est prête à frapper la belle cathédrale d’Albi, qui est un des plus magnifiques monuments que la piété des hommes ait élevés dans le moyen âge à la gloire de l’Être Suprême. Déjà les funestes formalités sont remplies pour la démolir et pour livrer ces précieux débris au plus offrant. Je les mets, Monsieur le Ministre, ainsi que l’édifice imposant qui les renferme, sous votre protection tutélaire, puisque vous avez eu la générosité de joindre au titre de votre autorité, celui de conservateur des monuments publics. Si nous nous arrogeons ainsi le droit d’anéantir les monuments que nous devons au génie, à la munificence et à la piété respectable de nos anciens, quel droit pouvons-nous avoir nous-mêmes à la stabilité de ceux que les événements mémorables des temps présents vont inspirer et faire surgir ? Je vous prie donc, Monsieur le Ministre, d’interposer votre autorité pour empêcher qu’il ne soit porté aucune atteinte à la cathédrale d’Albi, qui est si digne d’être conservée par la sublimité de sa destination et par la majesté que les arts lui ont imprimée en y étalant la magnificence de leurs productions. »

Le ministre intervint pour faire arrêter les projets de destruction. Afin de la protéger pour de bon, la cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862.

En 1843, lors de la restauration de la toiture, quelques tourelles et un chemin de ronde sont ajoutés,rehaussant les murs de 7 mètres, renforçant l’aspect défensif de l’ouvrage.

En 1988, un couple de faucons pèlerins y a élu domicile. Il a bénéficié d’un nid ajouté à leur usage en 2001 et depuis 2008, des ornithologues peuvent étudier l’élevage de leur progéniture à l’aide de deux caméras.

Un progamme de rénovation du chœur de Sainte-Cécile est lancé par la World monument fund en 2012 et devrait s’étendre jusqu’à fin 2013.

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