Les Remparts d’Albi

Avec la guerre de Cent Ans, qui débute en 1337, s’ouvre pour l’Albigeois une période de troubles et de pillages commis par les troupes anglaises et françaises, ou encore par des grandes compagnies (ou bandes) de routiers.

Cependant, à l’abri de ses remparts, Albi reste inviolée et sert même parfois de refuge aux populations environnantes.

Les anciennes murailles avaient été élevées, sans doute avant 1190, en terre battue ; elles ne possédaient donc aucune valeur militaire. C’est sous l’impulsion de l’évêque que la ville décide de construire une enceinte qui s’élève à la hauteur médiocre de 6 ou 8 mètres et est pourvue des moyens de défense de l’époque : un fossé profond bordé du « palenc  », des remparts couronnés de hourds  et renforcés de tours (22 au total).
Les travaux de construction durent de 1340 à 1390 et coûtent cher à la ville, tout comme l’entretien de l’ouvrage au cours des siècles qui suivent.

Depuis la porte du Tarn, à l’entrée du Pont Vieux, la muraille rejoignait les fortifications du palais de la Berbie.
Au-delà du palais, le mur des « chanoines » englobait la cathédrale et aboutissait à la porte de la « Trébalhe » donnant accès au Castelviel, alors communauté indépendante.
L’enceinte reliait ensuite la porte de la « Trébalhe » à celle de Verdusse en dominant le ravin du Bondidou. Au niveau de Verdusse on trouvait un pont permettant de rejoindre le faubourg des Cordeliers et une barbacane  fut construite en avant de la porte.
De la porte de Verdusse jusqu’aux portes Neuve et du Vigan (située à l’entrée de l’actuelle rue de l’Hôtel-de-Ville), la muraille était parsemée de nombreuses tours  (tour de la Violette, tour Neuve, tour de la Teule, etc.). La porte du Vigan était, elle aussi, munie d’une barbacane et s’ouvrait sur le « foirail du Vigan », sorte de terrain vague qui servait de champ de foire et de lieu d’exécution.
Enfin, du Vigan jusqu’à la porte du Tarn on trouvait une sixième porte, celle de Ronel, située à proximité de l’actuel lycée Lapérouse. Sur l’esplanade de l’actuel Pont Neuf, se dressait la grosse tour du Port Vieil.
Le faubourg du Bout-du-Pont n’est pas pourvu de murailles mais les façades aveuglées de certaines maisons doivent jouer ce rôle puisque trois portes sont mentionnées : celle de Notre-Dame à l’entrée du Pont Vieux, munie, comme la porte du Tarn en vis-à-vis, d’un pont-levis ; celle de la Fustarié (actuelle rue de Monestiés) ; enfin celle de « las Morgas » au sommet de l’actuelle rue Rinaldi.

Après les Guerres de Religion et jusqu’en 1629, les remparts sont encore entretenus. Grâce à la politique de Richelieu qui met fin aux réactions féodales, le sentiment de sécurité renaît et, peu à peu, on démantèle les remparts afin de donner une plus grande dimension spatiale à la cité (notamment grâce à l’élargissement de rues et à l’extension vers les faubourgs).
Les portes de la ville perdent leur physionomie guerrière au profit d’un aspect uniquement ornemental. Les remparts sont démolis en partie en 1733-1736 et on commence à leur substituer des promenades. Les grands travaux de démolition débutent en 1761 avec la suppression de la porte du Tarn, puis, jusqu’en 1771, de la quasi-totalité de l’enceinte.

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